CHAPITRE 4 — LES CONSEILS DE LA CRÉATRICE
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
Ces détails qui peuvent complètement changer le résultat d’un vêtement
En couture, choisir une belle matière est important. Mais connaître son comportement l’est tout autant.
Un tissu peut changer une fois doublé, lavé, coupé ou simplement porté. Son poids, son tombé, sa souplesse et même sa façon de se froisser vont influencer le résultat final.
Avec l’expérience, on apprend à observer tous ces petits détails avant de commencer une création.
Dans ce quatrième chapitre de L’Atelier des Matières, je partage quelques conseils issus de mon expérience de couturière : la doublure, le tombé, la morphologie, le prélavage et le froissage.
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ARTICLE 1
Pourquoi doubler un vêtement ?
La doublure est parfois considérée comme une simple finition intérieure.
Pourtant, elle peut jouer plusieurs rôles : éviter la transparence, jouer avec les couleurs, améliorer le confort et participer à la construction du vêtement.
La doublure pour éviter la transparence
C’est probablement sa fonction la plus évidente.
Certaines matières comme la mousseline, le voile de coton, la dentelle ou certains tissus très fins peuvent être transparentes ou semi-transparentes.
La doublure permet alors d’apporter l’opacité nécessaire et de rendre le vêtement plus agréable à porter.
La couleur de cette doublure est également importante. Une doublure blanche, ivoire, chair ou de la même couleur que le tissu extérieur ne donnera pas forcément le même rendu, particulièrement sous une matière transparente.
La doublure peut aussi jouer avec les couleurs

La doublure ne sert pas uniquement à cacher la transparence.
Elle peut également devenir un véritable choix créatif.
Sous une mousseline ou un autre tissu transparent, par exemple, on peut volontairement choisir une doublure d’une autre couleur.
La superposition des deux matières va alors modifier la couleur que l’on perçoit à l’extérieur.
On peut aussi décider de changer de couleur selon les différentes parties du vêtement : utiliser une couleur sous la jupe et une autre sous le haut, par exemple.
Cela permet de créer des nuances, des contrastes et parfois des effets très intéressants simplement grâce à la transparence du tissu extérieur.
La transparence, que l’on cherche parfois à cacher, peut donc aussi devenir un élément de création.
La doublure pour le confort
Certains tissus sont très beaux mais moins agréables directement contre la peau.
Une doublure permet alors de créer une séparation entre la matière extérieure et le corps.
Dans une veste ou un manteau, une doublure suffisamment glissante facilite également l’enfilage et permet au vêtement de mieux accompagner les mouvements.
La doublure participe à la construction
Il ne faut pas oublier qu’en ajoutant une doublure, on ajoute une deuxième matière au vêtement.
Son poids, son épaisseur, sa souplesse et son tombé ont donc leur importance.
Si je double une matière extrêmement légère avec un tissu beaucoup plus lourd, je peux modifier son mouvement et son tombé.
À l’inverse, une doublure bien choisie peut accompagner le tissu extérieur sans lui enlever son caractère.
Pour moi, le tissu principal et la doublure doivent être pensés ensemble.
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ARTICLE 2
Pourquoi le tombé d’un tissu est-il si important ?
Le tombé correspond à la manière dont un tissu se place naturellement sous l’effet de son propre poids.
C’est l’une des choses les plus importantes à observer, parce que le même modèle peut avoir une allure complètement différente selon le tombé de la matière choisie.
Mais il ne faut pas non plus résumer le tombé à deux catégories : fluide ou structuré.
Il existe beaucoup de nuances.
Un tissu fluide peut suivre les formes… ou pas
On pourrait penser qu’un tissu fluide va forcément mouler le corps.
Ce n’est pas toujours vrai.
Certains tissus fluides accompagnent beaucoup les formes et peuvent marquer davantage certaines rondeurs.
D’autres ont un très beau tombé, glissent naturellement vers le bas, mais ne se plaquent pas forcément sur le corps.
Le poids, la souplesse, la construction du textile et bien sûr la coupe du vêtement changent le résultat.
Un tissu plus lourd peut lui aussi se comporter différemment
Un tissu lourd ne signifie pas automatiquement un tissu raide.
Certaines matières possèdent du poids tout en restant souples et peuvent épouser les formes.
D’autres vont tomber avec beaucoup de poids mais garder suffisamment de tenue pour ne pas marquer la silhouette de la même façon.
C’est pour cela qu’il est difficile de juger un tissu uniquement en lisant sa composition ou son grammage.
Il faut le voir et le toucher.
Un tissu avec davantage de tenue
Une matière plus structurée peut permettre de construire du volume, de maintenir une forme ou de donner davantage de présence à certaines parties d’un vêtement.
Mais là encore, ce n’est ni mieux ni moins bien qu’une matière fluide.
Tout dépend du modèle que l’on souhaite réaliser.
La doublure peut aussi changer le tombé
Il faut également penser à ce qui sera placé sous le tissu.
Une matière légère et fluide peut se comporter différemment une fois doublée.
La doublure peut ajouter du poids, modifier le mouvement et parfois même changer la manière dont le tissu accompagne le corps.
C’est pour cela que lorsque je réfléchis au tombé d’une création, je ne regarde pas uniquement le tissu extérieur : je pense au vêtement dans son ensemble.
Un geste très simple
Lorsque je choisis un tissu, je ne le regarde pas seulement posé à plat sur une table.
Je le prends dans les mains, je le soulève et je le laisse tomber naturellement.
Je regarde les plis qu’il forme, son mouvement, son poids et la manière dont il se place.
Très souvent, quelques secondes suffisent déjà pour comprendre beaucoup de choses.
Le bon tombé n’est pas forcément le plus fluide ou le plus structuré. C’est celui qui correspond au modèle et au résultat que l’on souhaite obtenir.
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ARTICLE 3
Comment choisir un tissu selon sa morphologie ?
Choisir un tissu selon sa morphologie est important, mais pour moi cela ne signifie surtout pas s’interdire certaines matières ou certains modèles.
Je n’aime pas les règles toutes faites qui disent qu’avec telle morphologie, il faudrait obligatoirement porter tel tissu et éviter tel autre.
Lorsque je travaille pour une personne, je regarde bien sûr sa morphologie, mais je regarde également le modèle qu’elle souhaite porter, ses proportions, le tombé de la matière et le résultat qu’elle recherche.
Tout doit être pensé ensemble.
La matière accompagne le corps de différentes façons

Toutes les matières ne réagissent pas de la même manière sur le corps.
Un tissu très fluide peut suivre davantage les formes.
Mais comme nous l’avons vu avec le tombé, fluide ne veut pas forcément dire moulant.
Certaines matières tombent très bien sans marquer particulièrement les rondeurs. D’autres, même légères et fluides, vont davantage accompagner et dessiner les formes.
Un tissu plus lourd peut également mouler le corps ou, au contraire, tomber avec suffisamment de tenue pour ne pas le marquer.
C’est pour cela que je ne choisis jamais une matière uniquement parce qu’elle est « fluide », « lourde » ou « structurée ».
Je regarde son comportement réel.
Il faut aussi regarder le modèle
Pour moi, on ne peut pas parler de morphologie sans parler du modèle.
Le même tissu ne donnera pas le même résultat sur une robe droite, une robe cintrée, une jupe évasée, une robe drapée ou un vêtement avec davantage de volume.
La coupe peut mettre en valeur certaines parties du corps, accompagner les formes plus discrètement ou modifier complètement les proportions d’une silhouette.
C’est donc toujours l’association entre le modèle et la matière qui m’intéresse.
Regarder ce que souhaite la personne
Lorsque je réalise une création sur mesure, je regarde aussi la personne elle-même.
Que souhaite-t-elle mettre en valeur ?
Dans quoi se sent-elle bien ?
Aime-t-elle les vêtements près du corps ou préfère-t-elle davantage d’aisance ?
Souhaite-t-elle marquer sa taille, mettre ses épaules en valeur, créer du volume ou au contraire obtenir une ligne plus simple ?
Deux personnes ayant une morphologie proche peuvent avoir des goûts et des envies complètement différents.
Et cela compte énormément dans le choix du tissu.
Choisir selon sa morphologie sans se priver
C’est probablement le point auquel je tiens le plus.
Tenir compte de sa morphologie ne signifie pas se priver.
Si une personne aime une matière ou un modèle, mon rôle de créatrice n’est pas de lui répondre immédiatement :
« Non, ce n’est pas pour votre morphologie. »
Je préfère chercher comment le travailler.
On peut adapter une coupe, déplacer un volume, modifier certaines proportions, travailler différemment la taille ou choisir un tombé qui donnera un autre résultat.
Le sur-mesure permet justement de faire cela.
Pour moi, choisir un tissu selon sa morphologie, ce n’est pas décider de ce qu’une personne a le droit ou non de porter. C’est trouver la bonne association entre la personne, le modèle et la matière pour obtenir le résultat qu’elle souhaite.
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ARTICLE 4

Pourquoi prélaver ses tissus ?
Le prélavage est une étape très importante pour de nombreux tissus.
Lorsqu’on achète une matière, elle peut encore évoluer lors de son premier lavage.
Et mieux vaut découvrir cette réaction avant de couper et de coudre le vêtement qu’après.
Certains tissus peuvent rétrécir
C’est l’une des principales raisons de prélaver.
Un tissu peut perdre quelques centimètres lors de son premier lavage.
Sur un morceau de tissu, ce n’est pas forcément un problème.
Sur un vêtement terminé et ajusté aux mensurations d’une personne, quelques centimètres peuvent tout changer.
Un tissu peut aussi changer d’aspect
Le lavage ne modifie pas uniquement les dimensions.
Selon la matière, le tissu peut devenir plus souple, changer légèrement de texture, se froisser davantage ou prendre un aspect différent.
C’est aussi pour cela qu’il est intéressant de connaître son comportement avant de commencer le vêtement.
Faire un test sur un petit morceau
Il n’est pas toujours possible ou pratique de laver plusieurs mètres de tissu, et encore moins lorsqu’on travaille avec un grand rouleau.
Dans ce cas, on peut commencer par faire un test sur un petit morceau.
Par exemple, je peux couper un carré de 5 × 5 cm et mesurer précisément ses dimensions.
Je le lave ensuite de la manière dont le futur vêtement devra être entretenu.
Une fois le morceau lavé et sec, je le mesure à nouveau.
S’il ne fait plus 5 × 5 cm, je peux déjà constater qu’il a rétréci.
Je peux également observer si sa couleur, son toucher, sa souplesse ou son aspect ont changé.
Ce petit test permet donc d’obtenir beaucoup d’informations sans avoir besoin de laver immédiatement plusieurs mètres de tissu.
Tous les tissus ne se lavent pas de la même façon
Prélaver ne signifie évidemment pas mettre systématiquement toutes les matières dans la machine.
Il faut tenir compte de la composition du textile, des recommandations d’entretien et de la manière dont le vêtement terminé sera entretenu.
Pour certaines matières délicates ou destinées au nettoyage professionnel, la préparation sera différente.
L’objectif est surtout d’anticiper.
Un tissu doit autant que possible être préparé en fonction de la vie qu’aura ensuite le vêtement.
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ARTICLE 5
Comment reconnaître un tissu qui se froisse facilement ?
Certaines personnes aiment l’aspect naturellement froissé d’une matière.
D’autres ne le supportent pas.
Si vous souhaitez un vêtement qui reste le plus net possible, il existe un test très simple à faire avant même d’acheter le tissu.
Le test de la main
Prenez une partie du tissu dans votre main.
Serrez là et froissez là pendant quelques secondes.
Puis relâchez.
Observez ce qui se passe.
Est-ce que les plis restent très marqués ?
Est-ce que le tissu reprend rapidement sa forme ?
Est-ce que quelques marques restent visibles mais s’atténuent progressivement ?
Ce petit geste permet déjà de se faire une idée de son comportement.
Un tissu qui se froisse n’est pas forcément de mauvaise qualité
C’est très important.
Le froissement n’est pas automatiquement un défaut.
Le lin, par exemple, se froisse naturellement et cela fait partie de son caractère.
Selon le vêtement recherché, ce froissé peut être parfaitement assumé et même participer à son charme.
En revanche, si une personne sait qu’elle n’aime absolument pas voir de plis sur ses vêtements, il vaut mieux le savoir avant d’acheter plusieurs mètres d’une matière qui marque facilement.
Regardez aussi la nature des plis
Tous les tissus ne se froissent pas de la même façon.
Certains forment de petits plis souples et naturels.
D’autres gardent des marques beaucoup plus nettes.
C’est pour cela que le test de la main est intéressant : on ne vérifie pas seulement si le tissu se froisse, mais comment il se froisse.
Et encore une fois, il n’y a pas forcément de bon ou de mauvais résultat.
Il faut simplement savoir si ce comportement correspond au vêtement que l’on souhaite réaliser et à la personne qui va le porter.

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À RETENIR
✓ Une doublure permet avant tout de gérer la transparence de certaines matières.
✓ Sa couleur peut aussi modifier le rendu du tissu extérieur et devenir un véritable élément de création.
✓ Elle peut également améliorer le confort et participer à la construction du vêtement.
✓ Le tombé ne se résume pas à « fluide » ou « structuré ». Un tissu peut être fluide sans forcément mouler le corps, ou lourd tout en restant souple.
✓ La doublure peut elle-même modifier le tombé du tissu extérieur.
✓ Pour choisir une matière selon la morphologie, il faut regarder la personne, mais aussi le modèle, les proportions et le résultat recherché.
✓ Choisir selon sa morphologie ne signifie surtout pas se priver.
✓ Le prélavage permet d’anticiper le rétrécissement et les éventuels changements d’aspect d’un textile.
✓ Lorsqu’on ne peut pas prélaver toute la matière, un petit carré de tissu mesuré avant et après lavage peut déjà donner de précieuses informations.
✓ Un tissu qui se froisse facilement n’est pas forcément un mauvais tissu. Il faut surtout savoir si son comportement correspond au résultat que l’on souhaite.
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LE CONSEIL DE SOUAD — MARAVAL COUTURE
Avec l’expérience, on apprend bien sûr à toucher une matière, à regarder son tombé et à imaginer son comportement une fois transformée en vêtement.
Mais cela ne veut pas dire que je choisis toujours un tissu uniquement après avoir décidé ce que je vais réaliser.
Il m’arrive aussi d’acheter un tissu simplement parce qu’il me plaît.
Une couleur, un motif, un toucher ou un tombé peut me donner envie de le prendre alors que je n’ai encore aucun modèle précis en tête.
Parfois, dès que je vois la matière, je sais immédiatement ce que j’aimerais créer avec.
Et parfois, l’idée arrive plus tard.
Dans ce cas, je pars du tissu et je cherche le modèle qui va réellement lui convenir, plutôt que d’essayer de lui imposer une création qui ne correspond pas à son comportement.
Et cela fonctionne aussi dans l’autre sens.
Une cliente peut venir à l’atelier avec une idée de robe, de costume ou de tenue. À partir de son projet, de sa morphologie et du résultat qu’elle recherche, je vais alors réfléchir à la matière qui conviendra le mieux.
Parfois, le modèle nous conduit vers le tissu. Et parfois, c’est le tissu qui nous conduit vers le modèle.
C’est aussi cela, pour moi, la création.
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UNE QUESTION QUE L’ON ME POSE SOUVENT
Faut-il toujours prélaver un tissu avant de le coudre ?
Pas forcément, et surtout pas tous les tissus de la même manière.
Tout dépend de la matière et de la façon dont le vêtement terminé sera entretenu.
Lorsque j’ai un doute ou lorsqu’il n’est pas possible de laver toute la matière, je peux commencer par tester un petit échantillon.
Cela permet d’observer son éventuel rétrécissement et son changement d’aspect avant de prendre une décision.
L’essentiel est d’anticiper autant que possible ce qui arrivera au tissu après la confection, plutôt que de le découvrir une fois le vêtement terminé.
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À LIRE ENSUITE
➡️ Chapitre 5 — L’entretien des textiles
Dans le prochain chapitre de L’Atelier des Matières, nous parlerons de ce qui se passe une fois le vêtement réalisé : comment laver les différentes matières, les sécher, les repasser et surtout comment les préserver le plus longtemps possible.
Parce qu’un tissu ne s’arrête pas à son choix et à sa transformation : un beau vêtement doit aussi être entretenu en respectant sa matière.
🧵 Contact — Maraval Couture
📍 Maraval Couture
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Pour toute question sur les tissus, vos projets de couture, vos créations sur mesure ou les cours de couture, n’hésitez pas à contacter Maraval Couture.





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